Pavés de mémoire
De quoi s'agit-il ?
Tous les jours nous marchons sur des pavés dorés incrustés sur le sol des trottoirs. Leurs faces supérieures, recouvertes d’une plaque en laiton, honorent la mémoire d’une victime du nazisme. Placés devant son dernier domicile connu, ces pavés de mémoire sont créés à la main par l’artiste allemand Gunter Demnig.
Pavé de mémoire est la traduction allemande de stolpersteine qui signifie « pierres sur lesquelles on trébuche ». Conçus dès 1992 par l’artiste Gunter Demnig, ces pavés honorent la mémoire d'une victime du nazisme déportée parce qu'elle était juive, tzigane, communiste, anarchiste, membre de la Résistance, homosexuelle, en opposition au régime nazi ou handicapée.
Chaque 27 janvier, à l’occasion de l’anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz (Pologne), chacun est invité à nettoyer un pavé de mémoire dans le but de raviver symboliquement la mémoire des victimes.
Des balades sonores
Les enfants de 6ème année primaire de l’école du Vignoble ont découvert les pavés de leur quartier ainsi que les trajectoires de vie des personnes auxquelles ils sont dédiés. À l’initiative de Rébecca Fruitman, cinq balades sonores ont émergé à destination du public. Les voix des enfants rythment ces déambulations biographiques qui lèvent le voile sur une sombre période de notre Histoire.
Une balade sonore est une expérience immersive où l’on se laisse guider par des voix et des ambiances pour éveiller les sens et explorer l’espace autrement. Elle est à écouter directement dans la rue ou chez soi, confortablement installé.
Pour écouter les récits de vie des personnes auxquelles des pavés sont dédiés, activez le son ci-dessous et sélectionnez l’adresse devant laquelle vous vous trouvez ou pour laquelle vous souhaitez en savoir davantage !
Découvrez les sons au hasard de votre déambulation ou en suivant l’itinéraire proposé sur le plan.
Parcours Prison - 3,6 km - 65 min.
Durant l'occupation, de nombreux opposants forestois au régime allemand ont été incarcérés à la prison de Saint-Gilles -architecturalement liée à celle de Forest-, soit à la disposition des polices allemandes, soit pour y purger une peine, soit encore avant leur déportation en Allemagne. Résistants et citoyens belges suspectés ont été interrogés, intimidés, menacés, torturés. Après la Seconde Guerre mondiale, des collaborateurs, des propagandistes et des espions du régime nazi furent enfermés dans cette même prison.
Parcours Résistance / Quartier Bervoets - 1,8 km - 40 min.
Ce sont des trajectoires de résistants qui tissent cet itinéraire jalonné de lieux en hommage aux personnalités forestoises qui se sont organisées au sein de réseaux dès 1939 pour résister à l’occupation nazie. Il y est notamment question de presse clandestine, de pigeons voyageurs, du Mouvement National Royaliste, du Groupe G, des Partisans Armés, de filières d'évacuation d’Alliés, d’actions de sabotage et de la prison de Saint-Gilles.
Parcours Résistance / Quartier Hôpital Molière - 2,4 km - 50 min.
Ce sont des trajectoires de résistants qui tissent cet itinéraire jalonné de lieux clés où des réseaux se sont organisés dès 1939. Il y est notamment question d’enfants cachés, d’émetteurs radio dissimulés, de presse clandestine, d’un geôlier et d’un médecin héroïques, du Mouvement National Belge, des réseaux Mill et Samoyède, du Groupe Zéro et de la prison de Saint-Gilles.
Parcours Libération - 1,6 km - 35 min.
Le 8 mai 1945 l'acte de capitulation du Troisième Reich était signé, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale en Europe et permettant la libération des camps nazis. Plusieurs plaques commémoratives et noms de rues rappellent cette période durant laquelle les Alliés anglais ont dû bombarder à deux reprises Forest.
Parcours Migration - 1,9 km - 40 min.
Les histoires présentées ici ont en commun d'être celles d'immigrés juifs. Au début du 20ᵉ siècle, Forest a accueilli un nombre croissant de juifs d’Europe de l’est fuyant pogroms et violences antisémites. Avec l'ascension des régimes fascistes et autoritaires dans plusieurs pays, de nombreux juifs ont immigré en Belgique dès 1930. Arrivés en train, ils se sont majoritairement installés dans les communes proches de la gare du Midi.
Balades guidées
Vous pouvez réserver une balade guidée par l'artiste en groupe de minimum dix personnes en vous adressant à l'association co-productrice du projet :
Ce projet est en cours de construction et le sera toujours étant donné que des nouveaux pavés de mémoire sont occasionnellement posés.
Projet soutenu par le référent scolaire du bassin bruxellois représenté par la Concertation Action Culturelle Bruxelloise ASBL et la Communauté française dans le cadre du Parcours d’Éducation Culturelle et Artistique. Rébecca Fruitman remercie La Fondation Auschwitz, la Fondation du Judaïsme de Belgique et la Fondation Goldwasser-Back ainsi que l'Association pour la Mémoire de la Shoah, la Maison de la Culture Juive, le Cercle d'Histoire de Forest, l'ASBL Urbanisa'son, la Kazerne Dossin, le CegeSoma, l'ASBL Cinédit et la COCOF qui ont également été d’un grand soutien.